
Le marché français de l’édition est confronté à un afflux massif de manuscrits, fortement accru par la dématérialisation des envois et l’essor de l’autoédition. Beaucoup d’aspirants auteurs se lancent dans l’envoi de manuscrits sans véritable formation littéraire ni connaissance du fonctionnement de la chaîne du livre, ce que confirment les organisations professionnelles. Résultats : de 95 à 99 % de refus selon la taille des maisons d’édition.
Faire corriger son manuscrit : ce que l'on ne vous dit pas
Si vous cherchez à faire corriger votre manuscrit, c’est probablement que vous avez déjà beaucoup travaillé. Écrire un texte long, le relire, le reprendre… puis ressentir qu’il reste encore quelque chose à améliorer : c’est une étape normale. Tous les auteurs passent par là.
Confier son manuscrit à un professionnel peut alors sembler être la solution la plus évidente. Cette question mérite d’être posée, avec calme : la correction suffit-elle vraiment à transformer un texte en profondeur ? Cela ne signifie pas que votre texte est sans valeur, mais qu’il n’a pas encore atteint son plein potentiel. Beaucoup d’auteurs pensent qu’il suffit d’écrire leur livre et ensuite de le faire corriger par un correcteur d’édition pour publier. C’est tentant et ce n’est pas la meilleure des solutions. Cet article vous explique pourquoi.
Sachez que L’esprit Livre a toujours refusé de corriger des manuscrits d’auteurs non formés. La raison est toute simple : le “vrai” texte n’est pas encore là. Nous ne voulons pas abuser de la méconnaissance du client pour lui vendre une prestation inutile. Si vous êtes dans ce cas-là, la lecture de cet article peut vous scandaliser. Cependant vous allez comprendre pourquoi, et surtout, comment vous allez améliorer vos textes sans dépenser des milliers d’euros pour rien.
La tentation de faire corriger ... son brouillon !
La plupart des auteurs adressent leur manuscrit à un éditeur sans jamais avoir pris un seul cours d’écriture et de réécriture. Ils ont souvent le même profil : celui du débutant, de l’amateur rempli d’espoir et de bonne volonté, mais :
- Il ignore tout d’une discipline : ses règles, le niveau attendu.
- Il est sûr que savoir écrire « en général » suffit à écrire un livre.
- Il croit que son sujet est forcément intéressant vu le travail qu’il a fourni.
- Il est certain que son texte est abouti et s’imagine que la seule chose qu’il lui reste à faire est de faire corriger l’orthographe.
- Il a réussi à se convaincre que cela allait marcher.
La plupart du temps :
- L’ouvrage est mal construit.
- Le manque de maîtrise de la langue française limite l’expression de l’auteur.
- Le sujet est inintéressant.
- La manière d’écrire est désastreuse.
- Les idées sont convenues.
- Le texte est truffé de clichés.
- Pire il est incompréhensible.
Le verdict est dur et la réalité râpeuse. Mais, il n’y a pas de faute d’orthographe ! Certes ! Mais il faut réécrire l’ensemble du livre… Autant mettre du mercurochrome sur une jambe de bois. Le livre est condamné à l’anonymat ou à être abandonné par son auteur. Impossible de savoir-faire sans prendre le temps d’apprendre. Triple peine pour l’auteur : il a perdu son temps, son argent et ses illusions.
Si vous êtes dans ce cas-là, alors vous avez sans doute déjà jeté par les fenêtres au bas mot 500 € si ce n’est pas 1500 €, 2000 € ou plus en cas de niveau de réécriture. Le travail à réaliser sur ce type de manuscrit est si monumental que les prix s’envolent.
Solliciter trop tôt le correcteur d'édition
La méconnaissance du métier d’écrivain et le manque de formation conduisent de nombreux auteurs à solliciter les correcteurs trop tôt. Accuseriez-vous un facteur de distribuer une lettre mal rédigée ? Non ? De la même manière, un correcteur n’est pas responsable de la qualité du texte « en général ». Il se concentre sur la prestation qu’il doit fournir et pour laquelle il est payé.
N’allez pas imaginer que je tire à boulets rouges sur la profession de correcteur. Pas du tout. Ils effectuent un travail pénible, difficile et mal payé. Comprenez que ce n’est pas leur rôle de juger de la valeur d’un texte ni d’écrire à votre place. Ils corrigent, rectifient les phrases bancales et se gardent bien de s’interroger sur la valeur d’un texte. Ce n’est pas leur profession, sauf… s’ils sont aussi rewriters et écrivains.
Corriger un manuscrit en tant que correcteur d’écriture est douloureuse pour l’auteur, en raison des fragilités structurelles :
- problèmes de rythme,
- construction dramatique bancale
- cohérence interne déficiente
- personnages peu incarnés, ruptures de ton
- adaptation du texte à un électorat ciblé manquante, etc.
Ce qui demanderait un travail de réécriture trop important.
Irremplaçable formation
L’esprit livre est confronté aussi à cette réalité. C’est pourquoi nous pouvons vous en parler. Voici ce qui fait le plus défaut à un auteur débutant :
- Il ne sait pas comment définir de bons sujets, ni les développer.
- Il ignore les exigences du métier d’écrivain et les pratiques éditoriales.
- Il est pressé de publier alors que l’écriture demande de la créativité et du temps de maturation pour révéler l’auteur et son œuvre.
- Il n’a pas été formé :
- ni à maîtriser la langue française
- ni à l’écriture narrative,
- ni à la réécriture
- ni à la narratologie
- ni à la stylistique
Pour les adeptes de l’intelligence artificielle, sachez que les textes générés par des IA sont facilement détectés par les professionnels. Les intelligences artificielles ne remplacent pas une formation et ne peuvent se substituer réellement à un écrivain. L’essor des outils numériques (traitement de texte avancé, logiciels de correction, plateformes collaboratives, IA génératives), eux aussi, ne remplacent pas non plus la compétence d’un auteur nécessaire à la supervision des textes produits.
Le manque de formation porte principalement sur ces compétences :
- maîtriser sa plume et écrire sans faute
- savoir travailler son texte et son sujet
- réécrire leur manuscrit pour le rendre éditable
- rédiger pour être lu
- savoir raconter une histoire
- savoir l’écrire de manière à la rendre vivante et attractive pour répondre à un segment éditorial
- avoir un style pour susciter des émotions et des sentiments auprès de ses lecteurs
Vous comprenez maintenant pourquoi la correction de manuscrits est un vaste marché qui s’est développé aux dépens de la naïveté des auteurs non formés ? Maintenant vous savez pourquoi. La correction est une étape. Apprendre à écrire en est une autre. Ce point est rarement abordé : corriger un texte ne signifie pas apprendre à écrire. Et cette confusion entretient une forme de dépendance chez de nombreux auteurs débutants.
Où se former ?
L’esprit livre se consacre à la formation des écrivains à distance depuis le 1er mars 2012. Nous sommes les pionniers en ce domaine. En suivant ce lien, vous pourrez voir la liste des auteurs formés par nos soins.
Si vous souhaitez en savoir plus sur notre démarche de formation, lisez cet article.
♦ Formation d’écrivains : mythes et réalités
https://esprit-livre.com/devenir-ecrivain/formation-d-ecrivain-mythes-et-realite/
Par ailleurs, nous formons à l’usage responsable des l’intelligences artificielles.
https://esprit-livre.com/formation-ia-generative/
Nous apprendez notamment à :
♦ Utiliser les outils de correction et de réécriture de manière critique, sans leur déléguer le jugement stylistique.
♦ Intégrer l’IA dans vos pratiques de manière professionnelle sans nuire à la qualité de vos textes. C’est la meilleure manière d’éviter les outils de détection des éditeurs (rédhibitoire).
Un diagnostic avant d’envisager la correction de manuscrit
Afin d’éclairer ces nouveaux auteurs, j’ai mis au point un diagnostic pour leur montrer où ils en sont dans leur écriture. Une manière d’évacuer les ambiguïtés en mesurant objectivement les acquis et les savoir-faire ainsi que ses besoins d’apprentissage. Un bilan préalable à toute formation. Je reste convaincue que l’on ne construit rien de sérieux sans clarté, sans justesse et sans conscience. C’est aussi une question d’éthique, de respect des personnes. Étant écrivain et Formatrice Professionnelle d’Adultes, i’ai utilisé les méthodes propres à la formation professionnelle en l’adaptant au métier d’écrivain. Mon métier consiste aujourd’hui à construire des parcours personnalisés et à former en interne des experts intervenant dans nos formations à distance.
Pour construire l’avenir de ces futurs auteurs, il me semble crucial de les confronter à la réalité du monde de l’édition, aux pratiques d’écriture, de réécriture et de porter le même regard sur leur texte qu’un éditeur. L’auteur aura enfin des réponses concrètes pour comprendre les éventuels refus des éditeurs. Il peut ensuite réévaluer son texte, son projet éditorial, choisir la formation qui lui convient afin de se professionnaliser.
Si vous avez un projet sérieux, bénéficiez de ce diagnostic. Vous renseignez un quiz. À la fin de celui-ci, vous pourrez poster un extrait d’un de vos textes et prendre rendez-vous avec notre conseiller en formation, formé en interne à nos méthodes d’évaluation. C’est sans engagement.
Quelques avis de ceux qui ont bénéficié de ce diagnostic
« Vos indications me sont précieuses. » Jean-Hughes Chevy
« Je vous remercie infiniment pour votre analyse franche du texte. » Patty Gauhar
« Le maniement de la parole n’est pas une chose aisée, ni en littérature, ni dans la vie. Vos commentaires m’aident en tout cas à réfléchir de façon approfondie, et je vous en remercie énormément. » Didier Zawadzki
Jocelyne Barbas
Fondatrice de L’esprit livre