Le blog d'Esprit Livre

" Vous trouverez sur ce blog des informations sur les métiers de l'écriture, des chroniques littéraires , des textes de nos auteurs en formation, des guides et des conseils pour vous former, écrire et publier. " Jocelyne Barbas, écrivain, formatrice, fondatrice de L'esprit livre.

Où en êtes vous dans l'écriture ?

Êtes-vous comme Oscar Wilde ? Hésitant au point de ne pouvoir ajouter qu’une virgule à votre texte le matin et l’enlever l’après-midi ? Comme Stephen King, un gros producteur, au moins 10 pages abouties par jour ?

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Corriger un texte efficacement

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Sommaire

Techniques simples pour améliorer son écriture

Pourquoi la correction de texte ne suffit pas : comprendre l’importance de la réécriture

Avant même de parler de correction, il est essentiel de comprendre ce que recouvre réellement la réécriture.

Vous avez souvent dû lire ou entendre la formule suivante : écrire, c’est réécrire. Un écrivain chevronné considère cette étape indispensable à sa méthode de travail. À juste titre, car elle alimente son processus créatif. Il arrive en revanche qu’un auteur débutant sous-estime l’importance de la réécriture et n’y consacre qu’une attention mesurée, voire un effort trop léger pour donner du poids à ses idées. Réécrire ne se limite pas à un toilettage superficiel du texte, mais bien à la clarification de notre pensée et, par là, au renforcement de notre propos…

B

Les freins à la réécriture : pourquoi on se contente souvent de corriger

La virgule et le domino

Il existe diverses raisons pour lesquelles on se montre inconsciemment réticent au fait de retravailler son texte en profondeur. Chez certains auteurs en herbe, il peut s’agir de la crainte – non fondée – de voir leur spontanéité menacée par une approche plus construite de leur écriture. Ou bien la certitude que remplacer une phrase ou même un mot reviendrait à pousser le domino voyant tout leur bel édifice littéraire s’effondrer. Bref, hormis supprimer la célèbre virgule d’Oscar Wilde – et comme le génial auteur irlandais, à condition de la remettre –, ne toucher à rien serait le meilleur changement à effectuer !

« J’ai travaillé toute la matinée à la lecture des épreuves d’un de mes poèmes et j’ai enlevé une virgule. Cet après-midi, je l’ai remis. »

Oscar Wilde

Une correction sans affect

Améliorer un texte suppose parfois de prendre de la distance avec ce que l’on a produit.

Là où Wilde faisait preuve d’une autodérision mordante sur son perfectionnisme, d’autres mettent beaucoup trop d’affect quand il est seulement question de réfléchir aux meilleures façons d’améliorer son texte. Or, on doit s’en détacher émotionnellement quand on le réécrit. Les techniques que nous allons aborder dans cet article garantiront à ceux consentant à les utiliser une réelle progression dans leur écriture. Bien sûr, cela suppose d’admettre en préambule qu’une modification n’est pas le signe d’un échec, mais bien un pas vers le succès.

Améliorer la lisibilité d’un texte : au-delà de la correction superficielle

Ce qui compte avant tout

Une bonne correction ne suffit pas si le texte reste difficile à lire.

Ayez à l’esprit qu’avant toutes choses, vous devez proposer à votre lecteur une lisibilité de tous les instants. Le moyen de lui offrir une histoire facile d’accès doit tenir compte de ce qu’il redoute : qu’on lui encombre l’esprit de phrases trop longues. Qu’il doive les relire pour en saisir le sens. Qu’il s’embrouille dans votre confus étalage. En résumé, qu’il soit obligé d’accomplir l’effort de resserrement que vous n’avez pas estimé nécessaire d’effectuer. On m’objectera toujours : « Et Proust, alors ? » ; Eh bien quoi, Proust ? On n’est pas tous comme Pagnol, à se prendre pour Marcel, si ? Bref – c’est le mot à retenir.

Réécrire ses phrases : techniques concrètes pour améliorer son style

Deux en une ou une en deux ? La longue route vers l’essentiel

Savoir corriger une phrase, c’est aussi savoir la repenser.

Au passage tout de même, si j’ai évoqué Proust, c’est bien pour ne pas condamner systématiquement les phrases parce qu’elles sont longues. Tout en reprochant à beaucoup qui le sont d’être ennuyeuses. Ou absconses. Ou les deux. Je reconnais par ailleurs volontiers que même des phrases courtes parviennent à cumuler cette double tare, ce qui m’incite à croire que certains le font exprès ! L’un des talents de Proust était, tout en étirant son propos, d’aller cueillir l’essentiel. On en obtient une preuve éblouissante en se rendant Du côté de chez Swann :

 « J’ai vu le jardin. Il était tel que je l’avais rêvé enfant. » est une ébauche de ce qui deviendrait, dans les pages définitives du roman : « Je retrouvais le jardin que j’avais rêvé enfant, ce jardin devenu plus vaste encore sous l’éclat de ma mémoire. » De deux phrases assez communes, il en fit une au style remarquable. J’allais justement vous proposer d’accomplir le chemin inverse. Une sorte de transition contradictoire, si l’on veut !

La lecture sous oxygène

Parmi les techniques les plus efficaces, certaines restent étonnamment simples.

Vous connaissez Flaubert, et son fameux gueuloir. Vous voyez donc là où j’aimerais en venir : à la lecture à voix haute de vos phrases. Commencez par ça. Si on doit vous placer sous tente à oxygène au beau milieu de l’une d’entre elles, il y a fort à parier qu’elle soit un brin longuette. L’entendre résonner à vos oreilles vous en persuadera vite. Ce qui rend une phrase plus percutante réside dans son découpage, le choix des mots, la recherche de rythme. Il est parfois préférable de privilégier deux phrases courtes à une longue, sans rien perdre de son contenu, comme je m’y suis essayé ci-dessous :

« Il n’avait rien eu d’autre à faire qu’à transporter le cadavre jusqu’à la voiture, en ouvrir le hayon, puis disposer le corps à l’intérieur avant de rabattre le coffre en prenant soin de ne pas le claquer pour éviter de faire du bruit. »

« Il n’avait eu qu’à transporter le cadavre jusqu’à la voiture et à en soulever le hayon. Une fois le corps disposé à l’intérieur, il avait rabattu le coffre presque sans un bruit. »

« Il avait transporté le cadavre jusqu’à la voiture et soulevé le hayon. Rabattre le coffre sur le corps disposé à l’intérieur s’était fait sans bruit. »

« Le transport du cadavre, l’ouverture du hayon, le coffre refermé discrètement… la voiture semblait avoir englouti le corps en une bouchée. Sans déglutir. »

Racler le texte

Réécrire consiste souvent à simplifier sans appauvrir.

J’ai procédé le plus simplement du monde. Par raclements successifs sur la chair du texte. Avant ça, j’ai mis dans la phrase de départ tous les éléments que je souhaitais y voir figurer. Puis, tout en les conservant, je l’ai scindée en deux afin de diminuer cette sensation d’accumulation qui l’alourdissait. Enfin, je l’ai élaguée pour conférer davantage d’énergie à l’ensemble. La quatrième version propose un style plus affirmé, la voiture paraissant presque douée d’une vie propre… et être particulièrement vorace ! La ponctuation bien huilée fait jouer les charnières du coffre sans, je l’espère, le moindre grincement.

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S’inspirer des grands auteurs pour affiner sa réécriture

L’éducation à la précision

Observer les grands auteurs permet de comprendre ce que la réécriture change réellement. Je parlais de Flaubert ? L’exemple suivant est l’ébauche d’une phrase destinée à L’Éducation sentimentale :

« Il marchait lentement dans les rues de Paris en pensant à elle. »

Le brillant écrivain se contente de poser les éléments de ce qu’il fera ensuite ressentir au lecteur sous sa forme publiée :

« Il errait dans Paris, la pensée pleine d’elle. »

Quand Flaubert se sublime

La différence entre ces deux versions démontre combien la précision d’un verbe et l’allègement lexical qui en découle, le tout servi par une ponctuation pertinente, subliment la première mouture flaubertienne. Ces changements dynamisent en la poétisant une phrase déjà courte à l’état de brouillon. Le remplacement du verbe permet à la fois la disparition de « lentement » et de « les rues » tandis que le rythme gagne en harmonie et la sonorité en élégance.

Le hors-d’œuvre idéal

C’est en s’attachant à la concision et à la justesse du vocabulaire que l’inutilité de certains mots apparaît. Par comparaison avec « Il errait dans Paris », « Il marchait lentement dans les rues de Paris » semble d’un coup empreint de lourdeur et de platitude. Cette montée en gamme du style s’effectue sans ostentation. L’équilibre des segments donne le sentiment que la virgule entre les deux fluidifie l’ensemble plutôt que de séparer les éléments la constituant.

C’est, dans un premier temps, l’objectif qu’on doit se fixer lors d’une réécriture : rendre son texte le plus digeste possible. Le hors-d’œuvre idéal afin de ne pas caler sur le plat de résistance que nous mitonnerons dans la seconde partie de cet article…

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Lecture à voix haute : une méthode très efficace pour corriger et réécrire

Notre voix, un outil ultra performant

Une réécriture efficace doit dans un premier temps permettre à votre texte de respirer. On a vu précédemment divers moyens d’y parvenir. Ils sont faciles à mettre en œuvre, mais exigent rigueur et investissement de tous les instants. Découpage des phrases longues, suppression des mots inutiles, reformulation des tournures pesantes sont autant de techniques déblayant la voie jusqu’à une lisibilité optimale. Afin de débusquer ces passages où votre talent et vos efforts sont requis, on ne le répétera jamais assez, la lecture à voix haute se révèle être une précieuse alliée…

Quand les mots nous sortent par les yeux… ils nous tombent dans les oreilles

La clarification d’un texte est la base de la réécriture. J’ai déjà brièvement évoqué la relecture à voix haute comme outil d’évaluation de nos écrits. J’aimerais ici m’attarder sur l’effet que cela produit sur notre perception, et pourquoi. Lire à voix haute ralentit notre rythme de lecture par rapport à celui avec lequel on intègre visuellement un texte. Un ralentissement mettant en exergue des erreurs ou des incohérences étant passées entre les mailles d’une lecture muette. Sûrement le petit tour d’horizon que nous allons faire de ces étourderies plus ou moins grossières vous incitera-t-il à élever la voix…

La redécouverte de vos mots

Que voient donc nos oreilles que nos yeux n’ont su entendre ? Je vous garantis une redécouverte de vos propres mots et de la façon dont vous les avez agencés quand vous les extirperez des sillons d’encre de votre page. Ici, la construction bancale d’une phrase vous sautera au visage – le manque d’aisance de votre diction vous indiquera qu’une ponctuation imprécise en est la cause. Là, une rupture de logique de votre discours vous apparaîtra en butant sur l’enchaînement de deux paragraphes – il manquait une liaison dont l’absence fautive vous interpellera au moment précis de passer de l’un à l’autre. Attendez, il en reste…

Dans le creux de l’oreille

Après s’être raclé la gorge pour se lancer dans la mise en voix d’un dialogue, il arrive que cela coince au bout de trois répliques : les propos échangés par vos personnages sont à ce point dénués de naturel que vous avez l’impression de réciter une liste de courses. Pourtant convaincu jusque-là « d’entendre » vos protagonistes se livrer à un ping-pong verbal de qualité, le doter d’un relief sonore aura suffi à constater combien il sonne creux dans le silence de votre bureau. Ne le jugez pas avec sévérité, mais saisissez votre chance de l’étoffer une fois ses failles repérées.

Musique !

Une conversation sérieuse

Rien de tel que le son pour éprouver la musicalité d’un texte à travers les mots qui se répondent et les phrases qui s’enchaînent. Les combinaisons permises par la richesse du vocabulaire sont innombrables. Si certaines font agréablement tinter les paragraphes, d’autres en ruinent l’harmonie. En dépit des apparences, il se peut donc que des appariements lexicaux flattent l’œil, mais irritent l’oreille – et il n’existe que l’oralité pour le vérifier. Il serait grand temps que vous ayez une conversation sérieuse avec votre imagination, non ?

La lumière des cordes vocales

Si la (re)lecture à voix haute est à ce point précieuse pour l’embellissement de votre écriture, c’est notamment car elle sollicite bien plus de processus cognitifs que l’habituel « scanner » de notre regard. On se prive donc d’atouts de correction essentiels en n’y recourant pas. Il ne s’agit pas d’une légende flaubertienne où le gueuloir équivaudrait au graal de l’écrivain. Tous les orthophonistes vous le confirmeront : un texte hissé à la surface de la conscience à l’aide de cordes vocales bénéficiera d’un nouvel éclairage. À vous de gommer chaque défaut que cette lumière révèle en vue d’une amélioration significative.

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L’intimité du personnage

Savoir-faire et vibration

« S’entendre écrire » favorise une approche purement technique de la réécriture, mais un autre aspect, plus subtil peut-être, n’est pas à négliger : le ressenti émotionnel procuré par la mise en voix de nos personnages. Considérer la portée de nos mots, évaluer la justesse de leur rythme et la pertinence de leur assemblage fait appel à nos savoir-faire d’auteur. Éprouver la vibration d’un être qu’on  invente en appelle presque à l’intime…

La naissance

Sans vous en rendre compte, vous modulerez votre voix de façon à la rapprocher de celle avec laquelle vous imaginez votre personnage s’exprimer. Il souffre ? Votre intonation se différenciera des moments où son cœur est empli d’allégresse. D’une manière ou d’une autre, cela lui donnera davantage d’épaisseur que si vous l’aviez pour toujours condamné au silence. Jusqu’alors chair de papier et sang d’encre, il se mettra métaphoriquement à exister quand vous ouvrirez les lèvres : parlez, vous lui donnerez naissance…

Le secret d’une correction réussie : une étape après l’autre

Mettre en œuvre les techniques évoquées ici exige de renoncer à une illusion tenace : celle qu’une seule relecture pourrait suffire. Vouloir tout corriger d’un seul tenant conduit le plus souvent à passer à côté de l’essentiel. La réécriture impose une discipline plus rigoureuse : avancer par étapes, en assignant à chaque passage un objectif précis — lisibilité, structure, rythme, justesse du vocabulaire. À défaut, les imperfections se masquent les unes les autres et résistent à l’examen. Réécrire, ce n’est pas relire mieux : c’est relire autrement, plusieurs fois, avec méthode.  

Quelle est la différence entre la simple correction et la réécriture d’un texte ?

La réécriture va bien au-delà d’un simple toilettage superficiel du texte. Alors que la correction s’attache à la forme, la réécriture consiste à clarifier sa pensée et à renforcer le propos. C’est une étape indispensable du processus créatif qui exige un véritable effort de la part de l’auteur pour donner du poids à ses idées.

Pourquoi les auteurs hésitent-ils parfois à retravailler leurs écrits en profondeur ?

Plusieurs freins psychologiques bloquent les auteurs, notamment les débutants. Certains ont la crainte infondée de perdre leur spontanéité face à une approche plus construite, tandis que d’autres ont peur que la modification d’un seul mot ne fasse s’effondrer toute la structure de leur récit, comme un effet domino. De plus, de nombreux auteurs mettent trop d’affect dans leurs textes ; il est pourtant crucial de s’en détacher émotionnellement et de comprendre qu’une modification n’est pas un échec, mais une étape vers le succès.

Quel doit être l’objectif prioritaire de l’auteur lorsqu’il réécrit ?

 L’objectif primordial est d’offrir une lisibilité de tous les instants au lecteur. Il faut éviter de l’embrouiller avec des phrases trop longues qu’il devrait relire pour en saisir le sens. La réécriture doit rendre le texte le plus digeste possible, en accomplissant l’effort de resserrement que le lecteur redoute de devoir faire lui-même.

Quelles techniques concrètes permettent d’améliorer et de dynamiser son style ?

L’une des méthodes consiste à « racler le texte », c’est-à-dire à le simplifier sans l’appauvrir, notamment en scindant les phrases longues en deux phrases courtes pour éviter l’effet d’accumulation. Il faut également rechercher la concision et la précision : l’exemple de Flaubert montre que le choix d’un verbe précis permet un allègement lexical, supprimant ainsi des mots inutiles et rendant la phrase plus poétique, harmonieuse et élégante.

Pourquoi la lecture à voix haute est-elle une étape indispensable de la réécriture ?

Inspirée du célèbre « gueuloir » de Flaubert, la lecture à voix haute ralentit le rythme de lecture et sollicite davantage de processus cognitifs. Cela permet aux oreilles d’entendre ce que les yeux n’ont pas vu : elle met en évidence les incohérences, le manque d’aisance dû à une mauvaise ponctuation, les problèmes de liaisons entre les paragraphes, ainsi que la musicalité et l’harmonie des mots.

Comment la lecture à voix haute aide-t-elle à améliorer les dialogues et les personnages ?

Lire ses dialogues à haute voix permet de révéler les propos qui manquent de naturel ou qui sonnent creux, et donne ainsi l’opportunité de les étoffer. Par ailleurs, en modulant instinctivement sa voix selon les émotions de ses protagonistes, l’auteur donne de l’épaisseur et une dimension intime à ses personnages, leur donnant métaphoriquement vie au-delà du papier.

IA

Article original de (c) Frédéric Barbas, tous droits réservés
Recherche documentaire, infographie et vidéo réalisées en collaboration avec des IA.

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