Le blog d'Esprit Livre

" Vous trouverez sur ce blog des informations sur les métiers de l'écriture, des chroniques littéraires , des textes de nos auteurs en formation, des guides et des conseils pour vous former, écrire et publier. " Jocelyne Barbas, écrivain, formatrice, fondatrice de L'esprit livre.

Où en êtes vous dans l'écriture ?

Êtes-vous comme Oscar Wilde ? Hésitant au point de ne pouvoir ajouter qu’une virgule à votre texte le matin et l’enlever l’après-midi ? Comme Stephen King, un gros producteur, au moins 10 pages abouties par jour ?

Mesurez-vous aux plus grands écrivains et définissez votre niveau d’écriture en répondant à ce quiz.

Que voulez-vous apprendre ?

Répondez à ce quiz et recevez vos réponses par mail .
Vous obtiendrez ainsi une liste personnalisée de vos désirs de d’apprentissage classés par ordre de priorité et de difficulté.

Inscrivez vous à notre newsletter

Apprendre à écrire : les contraintes rendent-elles plus libre ?

apprendre à écrire

Sommaire

Apprendre à écrire permet-il de gagner en liberté créatrice ? À première vue, les règles, les exercices et les contraintes semblent plutôt limiter notre imagination. Pourquoi faudrait-il apprendre à écrire alors que rien ne nous empêche de laisser courir notre plume ? Pourtant, écrire spontanément ne signifie pas toujours écrire librement. En suivant nos premières impulsions, nous risquons de reproduire ce qu’on sait déjà faire sans même s’en rendre compte. L’apprentissage ne consiste pas à restreindre notre inspiration, mais à multiplier les façons de l’exprimer.

Quand la spontanéité devient une habitude

Écrire au fil de l’eau

Il y a de farouches partisans de l’écriture au fil de l’eau, convaincus qu’elle seule préserve leur liberté de penser. Je ne chercherai pas ici à leur prouver le contraire. Non. Mais qu’on me permette de les inviter à considérer d’autres manières d’enrichir leur propos. J’ai pour ma part tendance à rejoindre ceux qui estiment qu’écrire selon la fantaisie de l’instant revient souvent à recycler nos propres phrases au service d’idées rebattues. L’indépendance créative commence peut-être là où l’on s’oblige à fouiller son esprit pour y dénicher ce que nos routines littéraires dissimulent. Mais on peut en discuter. Car après tout, dans un débat, quand tout le monde est d’accord, dites-moi lequel a raison ?

Le plaisir d’écrire sans contraintes

Écrire pour le plaisir, sans trop se soucier de la forme, procure une satisfaction immédiate. Les mots viennent, les phrases s’enchaînent, la pensée semble suivre son cours sans rencontrer d’obstacle. Pourquoi devrait-on interrompre ce lâcher-prise qui nous grise ? Je ne demande à personne de s’en priver. Surtout pas : c’est une friandise textuelle des plus récréatives. Mais cette aisance peut aussi nous tromper et, sous l’apparence d’un flux créatif, masquer une stagnation.

Quiz lucidité mesurez votre niveau.

Apprendre à écrire pour mieux choisir ses mots

Réécrire nos habitudes

Nous disposons tous d’un vocabulaire qui nous est familier, de tournures favorites que nous employons presque machinalement. Les verbes être, avoir, faire ou mettre, par exemple, nous rendent d’innombrables services. Mais à force d’y recourir par habitude, nous oublions parfois qu’il existe des verbes plus précis. Pour ne pas interrompre notre élan, nous pouvons laisser venir les premières formulations et réserver l’examen de leurs nuances à la réécriture. Hélas, celle-ci est loin d’être toujours maîtrisée, quand elle n’est pas confondue avec de simples corrections de surface. Rien d’étonnant : elle exige des gestes précis qui s’apprennent.

Quand un verbe change notre regard

Nabokov évoque avec humour l’ampleur du travail que peut représenter la réécriture : « J’ai réécrit, souvent plusieurs fois, chaque mot que j’ai publié. Mes crayons durent plus longtemps que leurs gommes. » Changer ne serait-ce qu’un verbe ne relève pas toujours de la coquetterie langagière : ce choix peut notamment modifier la manière dont une phrase traduit l’émotion d’un personnage.

Prenons une phrase aussi ordinaire que « Il y avait une grande inquiétude dans son regard ». Rien ne nous empêche de la conserver. Pourtant, « L’inquiétude assombrissait son regard » ne raconte déjà plus tout à fait la même chose. Le sentiment acquiert une présence, agit sur le visage du personnage. En remplaçant le verbe, nous avons également transformé la construction de la phrase et notre manière de représenter la scène. Ce travail ne consiste donc pas seulement à améliorer une phrase. Il nous oblige à nous interroger sur ce que nous cherchons à exprimer, et parfois à découvrir que notre première formulation ne disait pas exactement ce que nous pensions. Encore faut-il avoir conscience des autres possibilités pour pouvoir choisir celle qui nous convient.

Les illusions de la première écriture

Ma propre expérience m’a appris une chose : l’enthousiasme avec lequel on écrit certains passages nous persuade parfois qu’ils échappent à toute critique. Jusqu’au moment où la relecture révèle qu’ils sont creux. Oh, tout n’est pas à jeter : une belle énergie dans celui-ci, une métaphore honnête dans celui-là. Certes. Mais le récit n’a pas progressé d’un iota. L’adjectif qu’on croyait indispensable n’a rien apporté au texte. Le propos n’a gagné ni en précision ni en profondeur. Une plume qui musarde est agréable à suivre jusqu’au moment où l’on s’aperçoit qu’elle s’est perdue.

Les contraintes peuvent-elles libérer l’écriture ?

Le choix du chemin

S’abandonner à son inspiration sans entraves est louable, à condition de ne pas s’égarer dans son écriture. Encore faut-il distinguer les contraintes qui brident notre imagination de celles qui lui permettent de s’exercer autrement. Un auteur débutant peut bel et bien éprouver le sentiment d’être sanglé dans des règles dont il ne saisit pas d’emblée l’utilité. Mais en voulant à toute force s’en affranchir, choisit-il librement son chemin ou se contente-t-il de suivre celui qui se présente ?

Trouver son territoire littéraire

S’ouvrir à un enseignement rigoureux nourri de l’expérience d’écrivains reconnus n’est pas apprendre à écrire à la façon de quelqu’un d’autre : c’est découvrir différentes manières de développer notre personnalité d’auteur. Dans l’écriture, on n’est pas forcément soi-même parce que l’on va où l’on veut, mais quand on se dirige vers un territoire littéraire où l’on se sent à sa place. À mesure que l’on explore la multitude de sentiers qui y mènent, l’idée d’une voie unique perd de son emprise. Et chemin faisant, on ramasse quelques cailloux qu’on glisse dans sa poche : techniques, savoir-faire ou procédés. Libre à chacun de les utiliser, de les adapter ou de les laisser de côté.

Se donner les moyens d’une écriture libre

Ce territoire littéraire, chaque auteur entreprend de le cartographier à sa manière ; on imagine mal qu’il s’y aventure sans boussole. Laissons aux philosophes le soin de déterminer si la liberté doit poursuivre un but. Pour l’écrivain qui souhaite mener une œuvre à son terme, la question se pose autrement : les contraintes qu’il accepte ne restreignent pas nécessairement sa liberté. Elles peuvent au contraire lui donner les moyens d’atteindre l’objectif qu’il s’est lui-même fixé.

apprendre à écrire

De l’apprentissage à la liberté créatrice

Une prise de conscience

Mais la maîtrise des techniques ne garantit pas, à elle seule, une écriture personnelle. Apprendre à construire un texte cohérent, à développer son style ou à explorer les possibilités de la langue n’a de sens que si l’auteur parvient à s’approprier ces ressources. Le regard d’un formateur peut l’y aider, notamment lorsqu’il lui révèle des habitudes qu’il ne remarquait plus. Cette prise de conscience lui ouvre des possibilités qu’il n’aurait peut-être pas envisagées seul.

Découvrir sa manière d’écrire

Au-delà de l’œuvre achevée, l’apprentissage peut transformer celui qui écrit. J’ignore ce qu’un papillon conserve de sa chrysalide, mais pour un écrivain qui commence à voler de ses propres ailes, les conseils reçus au fil de son parcours contribuent à un phénomène tout aussi important : la découverte de sa propre manière d’écrire.

Cette évolution ne suppose pas de briser des chaînes. Elle naît progressivement de l’expérience acquise, des enseignements assimilés et des connaissances glanées au fil des lectures. En éprouvant différentes façons d’écrire, l’auteur apprend à reconnaître celles qui lui conviennent et celles dont il préfère s’écarter. À mesure qu’il gagne en autonomie, il peut même se surprendre à découvrir dans ses écrits une part de lui-même qu’il ignorait. La liberté créatrice ne consiste alors plus seulement à suivre son inspiration : elle repose aussi sur la capacité de lui donner la forme que l’on choisit, sans renoncer à ce qui nous distingue.

Article original de (c) Frédéric Barbas, tous droits réservés
Recherche documentaire, infographie et vidéo réalisées en collaboration avec des IA.

FAQ

L’écriture spontanée garantit-elle une réelle liberté créative ? Non.

Bien que l’écriture au fil de l’eau procure le sentiment de préserver sa liberté de penser, se fier uniquement à sa première impulsion risque d’amener l’auteur à reproduire machinalement ce qu’il sait déjà faire et à recycler ses propres phrases au service d’idées reçues. La véritable indépendance créative commence lorsque l’on s’oblige à dépasser ces routines littéraires.

Pourquoi l’écriture sans contraintes peut-elle être trompeuse ?

Écrire sans contrainte offre une satisfaction immédiate et récréative. Cependant, cette aisance peut masquer une stagnation : l’enthousiasme du premier jet persuade parfois l’écrivain de la qualité de son texte, alors que la relecture révèle ultérieurement des passages creux qui n’apportent ni précision ni profondeur au récit.

En quoi le travail de réécriture permet-il d’affiner son propos ?

La réécriture exige des gestes précis qui s’apprennent pour dépasser les tournures et verbes utilisés par simple habitude. Comme l’illustrait Vladimir Nabokov sur l’ampleur du travail de réécriture, modifier un seul verbe (par exemple remplacer « Il y avait une grande inquiétude dans son regard » par « L’inquiétude assombrissait son regard ») donne une présence active au sentiment, transforme la scène et aide l’auteur à clarifier son intention exacte.

Les règles et les exercices brident-ils l’imagination des débutants ?

Si un auteur débutant peut se sentir sanglé dans des règles, vouloir s’en affranchir à tout prix ne signifie pas choisir librement sa voie. Les contraintes bien comprises permettent d’exercer l’imagination autrement et de se constituer une réserve de techniques et de procédés que l’on est ensuite libre d’utiliser, d’adapter ou de mettre de côté.

Quel est l’apport d’un formateur ou d’un enseignement rigoureux ?

Suivre un enseignement ne consiste pas à imiter un autre écrivain. Le regard d’un formateur aide l’auteur à prendre conscience d’habitudes d’écriture qu’il ne remarquait plus et lui fournit une boussole pour atteindre les objectifs littéraires qu’il s’est lui-même fixés.

En quoi consiste finalement la véritable liberté créatrice en écriture ?

La liberté créatrice ne réside pas seulement dans le fait de laisser courir sa plume au gré de l’inspiration. Elle repose sur la capacité de donner la forme choisie à son propos, d’explorer la multitude de sentiers littéraires pour trouver le territoire où l’on se sent à sa place et d’exprimer pleinement sa personnalité propre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

L'actualité

Notre espace d’actualités, où l’apprentissage et la découverte ne connaissent aucune limite.

apprendre à écrire

Apprendre à écrire : les contraintes rendent-elles plus libre ?

Apprendre à écrire permet-il de gagner en liberté créatrice ? À première vue, les règles, les exercices et les contraintes […]

écriture et IA

Écriture et IA : comment reconnaître l’empreinte de l’auteur ?

Lorsqu’un écrivain recourt à l’intelligence artificielle, une question finit par rouler sur le tapis : qu’est-ce qui, dans son texte, […]